–
Formé à l’École des Beaux-Arts de Saint-Étienne, puis en histoire de l’art et archéologie à
l’Université de Strasbourg, Denis Drouillet pratique principalement le dessin. Il puise son
inspiration dans la littérature, l’art médiéval, les graveurs de la Renaissance et du XIXe
siècle, l’Art Nouveau, le courant symboliste, les décadents, et dans les illustrateurs du
début du XXe siècle. Depuis 2019, il a choisi de s’installer et de travailler à Plombières-les-
Bains.
Cette exposition assemble une première série de dessins en noir et blanc, principalement
à l’encre. Animaux, insectes, masques cultuels ou mascarons destinés à conjurer le
mauvais sort, portraits de noix (« Minois de mi-noix ») dessinés en hachures croisées, de
plus en plus fines au fur et à mesure des réalisations. Les dernières ont demandé chacune
un travail de plusieurs mois (« Un travail de fourmi », « Vanité aux cigales ») : des petits traits
de stylo-plume par milliers, qui se croisent avec minutie sur le papier. Le dessin est
l’aboutissement concret de ces heures de concentration appliquée.
La deuxième série présentée est celle des dessins fantasmagoriques réalisés avec la
technique du grattage aux pastels gras. Minutieusement, la pointe dessine un entrelacs
de figures imaginaires et légendaires, de gargouilles pensives, d’amants lascifs, de félins
sauvages, de divinités exotiques, de personnages de Shakespeare et de Poe… Ces
univers fantastiques évoquent les rêveries des créateurs, les songes des écrivains, les
chimères des lecteurs, des rêveurs et de tout un chacun…
« Je cherchais à fabriquer mes propres papiers à gratter, pour dessiner en négatif,
blanc sur noir, et faire surgir des figures de la nuit. J’ai alors repensé à la technique
de grattage aux pastels gras, que j’avais apprise adolescent. Ce sont les songes qui
surgissent de la nuit, comme les images hypnagogiques qui se dessinent sur nos
paupières avant le rêve. Je travaille avec des lunettes grossissantes, ce qui me
permet de graver de nombreux détails. J’aime donner à voir beaucoup de choses,
comme l’architecture des églises gothiques par exemple, on l’on découvre de
nombreux détails à mesure que l’on regarde. »
Stéphanie Robert
http://www.exceptionfaite.fr







